L'intérêt de la démarche biomimétique

Durant 3,8 milliards d’années d’évolution et de sélection naturelle, la nature s’est améliorée pour arriver à des solutions qui sont à la fois en parfaite harmonie avec le monde qui les entoure, non polluantes, très efficaces et économes en énergie et en matériaux, eux-mêmes courants et donc peu coûteux.

Cette extraordinaire variété de stratégies physiques et chimiques pour s’adapter à des environnements divers présente donc un intérêt pour les scientifiques et notamment dans le domaine des matériaux.

Par exemple, la fibre la plus solide fabriquée par l'homme, le Kevlar® est faite à partir de dérivés pétrochimiques et d'acide sulfurique, chauffés à plusieurs centaines de degrés, avant de le soumettre à des pressions énormes pour forcer les fibres à s’aligner. Tout ceci entraîne une forte consommation d'énergie et des rejets toxiques. Par contraste, la soie de l'araignée, plus solide que le Kevlar®, trois à cinq fois plus résistante que l'acier, d'une grande élasticité (31% d'étirement avant rupture contre 2% pour le fil d'acier), et légère, est fabriquée à base d’eau et de mouches, à température ambiante, sans l’aide de produits chimiques polluants et en plus, elle est biodégradable.

Mais l'intérêt n'est pas que scientifique et écologique, il est aussi économique.

En effet, c'est un enjeu d’investissement majeur dans des activités économiques, des industries et des emplois qui, dans un proche avenir, devront cesser de polluer. De plus le biomimétisme, parce qu'il permettra d'innover, de créer de nouveaux produits, sera générateur de richesses et d'emplois nouveaux.

De grandes entreprises françaises comme Saint-Gobain (principal producteur de verre dans le monde), Lafarge (premier cimentier mondial) ou encore Arkema (filiale chimie du groupe Total) qui y consacre 20% de son budget en recherche et développement l'ont d'ailleurs bien compris. L'essor du biomimétisme contribuera aussi à restaurer l'image de la chimie et de ses industries compromise par leurs excès passés en matière de toxicité et de pollution.

Enfin, un des intérêts de la démarche biomimétique est qu'elle nécessite que les différents scientifiques (physiciens, chimistes, biologistes, ingénieurs) travaillent ensemble et cette interdisciplinarité très large ne peut qu'être profitable à la science.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site